Des jonquilles aux derniers lilas
Des jonquilles aux derniers lilas
par Hugues Aufray
J’ai connu Émilie aux premières jonquilles.
Elle était si jolie des jonquilles aux derniers lilas.
Dans la ferme endormie, chaque fois que j’allais la voir,
Son père avec un fusil m’attendait derrière l’abreuvoir.
Il me chassa aux dernières jonquilles,
Me fusilla des jonquilles aux derniers lilas.
Un jour, dans la grange aux loups, aux premières jonquilles,
Elle sauta sur mes genoux des jonquilles aux derniers lilas.
Une fourche me piqua, je me relevai en hurlant.
J’eus beau fuir à travers bois, son père me jeta dans l’étang.
Il me piqua aux premières jonquilles
Et me fourcha des jonquilles aux derniers lilas.
Dans le grenier, sur le foin, aux premières jonquilles,
Pris sa fille et bus son vin des jonquilles aux derniers lilas.
Son père, voyant le tableau, me fit connaître un peu plus tard
Les grenouilles et les crapauds au fond de la mare aux canards.
Il m’injuria aux premières jonquilles
Et me noya des jonquilles aux derniers lilas.
J’ai connu le sel et le plomb aux premières jonquilles.
J’ai connu l’auge à cochon des jonquilles aux derniers lilas.
J’ai laissé mes amours là, mille fois j’ai frôlé la mort.
Est-il encore derrière moi ? Que m’importe ? Je cours encore.
Je vais, je vais aux premières jonquilles
Du pré au bois des jonquilles aux derniers lilas.
La la la-la-la la la la…
THE DAFFODILS
I wandered lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils ;
Beside the lake, beneath the trees.
Fluttering and dancing in the breeze.
Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay :
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.
The waves beside them danced ; but they
Out-did the sparkling waves in glee :
A poet could not but be gay,
In such a jocund company :
I gazed – and gazed – but little thought
What wealth the show to me had brought :
For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude ;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.
William WORDSWORTH (1770 – 1850)
Ce poète anglais est l’auteur avec son ami COLERIDGE, des « Ballades lyriques », véritable manifeste du romantisme. Il rejette dans ses poèmes, la phraséologie du XVIIème, pour retrouver le pittoresque de la langue quotidienne « L’Excursion », « Peter Bell »… À 22 ans, William WORDSWORTH s’est attardé en Touraine et dans le poème « Le Prélude », il a confié sa nostalgie d’avoir quitté la France mais aussi son amour de la nature, l’importance des rencontres intellectuelles et la valeur irremplaçable de l’enfance.
http://membres.lycos.fr/crcrosnier/mur3/peu3/wordsworthw3.htm












